lundi 10 novembre 2014

Les conventions

 Petite mise en garde: je fais allusion à des conventions qui ont pu se révéler décevantes à un instant T et de mon strict point de vue; en aucun cas cet avis objectif ne reflète leur qualité actuelle; ne pas hésiter à me faire savoir si ça a changé. Je ne connaissais pas, et ne connais encore personnellement pratiquement aucun organisateur; que nul ne se sente visé, et me le fasse également savoir s'il a  fait mieux depuis!

Dix années de conventions aujourd'hui! Je n'ai pas pu faire de costume commémoratif  à mon grand regret, mais l'étonnement qui fut le mien à la dernière Japan Touch rattrape cette déception.

Les conventions sont des salons thématisés manga -anime (mais pas que désormais, vous verrez) .

 Le terme "convention lyonnaise" a longtemps fait pouffer les initiés en raison notamment d'une fréquentation étonnamment basse pour la troisième ville de France (voir les exemples ci-dessous). La première Japan Touch que j'ai faite (2005) devait faire dans les 40m2 à l'espace Double mixte partagé avec le salon des vieux jouets, et avec un coin (ras du sol) de la salle en guise de scène.





Rien à voir avec l'édition 2014: à Eurexpo, où, il y a encore trois ans, je n'avais pas manqué de remarquer (à l'occasion de la Foire) le large espace très semblable à celui de Japan Expo à Villepinte.


 Mais une plaisanterie circulait alors: "Vous imaginez, Japan Touch là! Le problème c'est que ça n'y sera jamais!" Eh bien...comme Disney rachetant Lucasfilms, ne jamais dire jamais. Les valises y ont été posées en 2013 mais dans un espace alors vraiment restreint, rien à voir avec la Foire qui occupe le lieu en entier.


Sauf qu'en 2014, la surface s'est étendue à 1000 mètres carrés, beaucoup plus conséquents. Avec pour résultat l'apparition de stands de takoyaki ou d'armes de GN jusqu'alors propres aux conventions parisiennes...Bref, tel Lagardère, si tu ne viens pas à Japan Expo, Japan Expo viendra à toi. (ce fut mon cas cette année)





En dix ans à propos, qu'est ce qui a changé d'autre pour les conventions alors?


-Les prix de location des stands ont triplé, excluant pas mal de vieux de la vieille (les semis professionnels résistent).

-Le thème  européen et américain (BD, comics et cinéma d'animation) est plus présent, notamment au niveau des stands, (jeu de rôle, GN, super-héros...) et commence à avoir des conventions sur ce seul sujet. En gros, qui sont plus geek qu'otaku.






-Les free hugs sont apparus en 2007 à Japan Expo et sont globalement peu appréciés; mais  continuent d'avoir leurs pratiquants irréductibles.





N'oublions pas les variantes:




-Les projections d'anime étaient encore un élément incontournable mais depuis c 'est devenu la salle  quasi déserte où on s’assoit pour se reposer, voire est absente sans qu'on s'en formalise: merci Netflix!







Plus spécifiquement niveau cosplay:



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*Avant: Il était encore possible voici dix ans de débarquer tel une fleur dans une convention même de taille conséquente et de s'inscrire directement sur place puis de déposer un CD ou une clé USB contenant la piste sur laquelle on souhaitait défiler.

 *Maintenant: L'explosion d'internet a globalement rendu l'inscription préalable en ligne et  l'envoi d'une piste MP3 obligatoires.


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*Avant: Point lié au précédent: les organisateurs cosplay ne font plus forcément double emploi avec ceux de la convention ...

 *Maintenant: ...mais sont souvent des "teams" qui sont engagés spécifiquement par les orgas de l'évènement.


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*Avant: Le thème de Naruto était omniprésent au milieu des années 2000 au point que même les plus petits évènements en avaient toujours des représentants. (et toujours plusieurs sessions dans les concours) Il a souvent été rejoint par des sujets tels que: Death Note, Bleach, Full Metal Alchemist, Final Fantasy VII...Mais qui, parce qu'ils ont pris fin depuis (pour Naruto, cela vient de se produire) se sont un peu tassés en terme de représentation.

  *Maintenant: Tous ces sujets peu à peu deviennent des classiques du cosplay comme Dragon Ball Z, Sailor Moon et Saint Seiya qui sans être omniprésents ont régulièrement au moins un représentant. La "fureur" actuelle étant Black Butler, Vocaloid  et One Piece (ce dernier étant toujours en cours) en terme de manga-anime.





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*Avant: Les "vieux" dessins animés de l'époque Casimir ou Dorothée (et en dehors des classiques tels que Dragon Ball Z, Sailor Moon et Saint Seiya, donc) étaient un thème qui apparaissait encore de temps en temps.

Mémé et Titi (2005) 


 *Maintenant: On ne compte plus  que quelques irréductibles par an pour s'adonner au sujet. (sauf avec les  célébrités citées plus haut)  Mais en revanche, League of Legends, les super-héros (aidés grandement par le cinéma) ou Disney (aidé par l'apparition de la franchise Disney Princesses et la Renaissance des années 2010) sont  apparus progressivement depuis le milieu des années 2000, les thèmes occidentaux explosant désormais dans le cosplay aussi. (en tout cas plus qu'au milieu de la décennie  passée même s'ils ont toujours été plus ou moins  présents, sauf LOL bien sûr, créé en 2009)





Deadpool, en pleine explosion avant même la sortie de son film. Il était encore aux abonnés absents voici deux ans.

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*Avant: Il était toujours possible de défiler sur une simple musique d'ambiance, (pas toujours en adéquation avec le costume)  sans chorégraphie.

 *Maintenant: Le public s'attend toujours à une prestation quelconque.


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*Avant: Le timing des prestations n'était pas limité, pouvant aller de trente secondes à dix  minutes.



 *Maintenant: C'est une minute en individuel et deux minutes trente pour les groupes.

Huit minutes hilarantes pour Lady Oscar



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*Avant: Les vestiaires cosplay libres étaient un luxe obligeant bon nombre de hors-concours à se changer dans les toilettes.

 *Maintenant: L'absence de vestiaires prévus pour les hors-concours est exceptionnelle (dans ce cas on les laisse souvent les partager avec les concurrents).

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*Avant: On ne revoyait jamais les photos de cosplayeurs prises par des visiteurs.

*Maintenant:  Facile de retomber dessus grâce aux réseaux sociaux, une recherche avec le nom de la convention peut suffire.







A une époque encore antérieure que je n'ai pas connue (fin des années 90-début des 2000), et que manifestement les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, parmi les possibilités de source de son pour une prestation on trouvait paraît-il aussi l'option de la cassette audio, plongeant parfois les organisateurs dans l'embarras quand il s'agissait de retrouver la piste à temps.

Toujours d'après les vieux briscards, les dessins animés nostalgiques avaient représenté une portion plus forte encore (jusqu'à la moitié) des costumes, en tout cas quand la rareté d'internet faisait qu'on se basait surtout sur les connaissances télévisuelles.





En fait, il était possible de défiler sans bande sonore, voire de ne pas défiler du tout: les concours n'étaient pas systématiques. Les cosplayeurs eux-mêmes pouvaient être très rares (un ou deux par édition).  Les conventions aussi: il pouvait n'y en avoir que deux ou trois par an, de préférence en région parisienne. Idem pour les photos avec que des pellicules des 27 poses faciles à rater et chères à faire développer.

Et bien sûr, les cheveux teints à la bombe, les perruques de farces et attrapes ou la doublure satin étaient beaucoup plus communs faute de pouvoir s'en remettre facilement au e-commerce.

Enfin on entendait souvent hurler "la roue!" à la personne en scène, mais cela a eu tendance à disparaître . (avec le "ahou"!  des spectateurs belges)

(Vous pouvez vérifier vidéos à l'appui grâce à cette chaîne parue récemment,  les films datant entre 1997 et 2000.)






Moins bons souvenirs?

-Asian touch, 16 et 17 décembre 2006 à Lyon. 



Paix à son âme, il n'y eut qu'une édition où je n'ai pu rester qu'une journée , en raison d'un anniversaire le lendemain. Mais ça valait sans doute mieux. Mon inexpérience(une année dans les pattes de conventions seulement!) m' aura rendu très indulgente sur le moment mais en y repensant c'était la convention la moins réussie (où je sois allée) en une décennie.

Commençons par les circonstances: le nom très proche de Japan Touch l'indique, elle était née d'une scission entre organisateurs. Mais ce spin -off n' pas tenu pour plus d'une raison.

D'abord, celle, imprévisible, d'une grève totale des transports. Dans d'autres circonstances ça aurait pu n'avoir aucune importance. Mais le lieu était le hangar de la Sucrière, sur les quais de l'ancien port fluvial, et à une époque où le quartier n'était pas encore réhabilité: donc loin de toute civilisation.



Le trouver à pied  fut compliqué et il était  fort long et épuisant de chercher le premier point de retrait à disposition (aucun commerçant n'avait de lecteur de carte bleue).

Ajoutez y une sécurité et un service vestiaire à la limite de l'impolitesse et un hangar en ciment non chauffé  (en hiver) et peu esthétique:  Dans l'association où j'étais à l'époque, les membres étaient si déçus d'un stand relégué sous un ancien toboggan pour marchandises qu'ils ont remballé pour ne pas revenir le lendemain.



Sauf pour  l'exposition Stars Wars identités début 2015, où l'espace avait été délimité en multiples pièces, tous les événements qui se déplacent là -bas deviennent décevants (Le vide-grenier du geek et le marché de la mode vintage en l'occurrence) , une malédiction pour le moins étrange.

-Japan Addict, Strasbourg, édition de janvier 2011.




Alors là par contre ça existe toujours, et j'ignore si ça a changé, ce que j'espère. Ne pas tenir compte de mon avis si vous voulez vous y rendre. Mais pour cette édition, il était largement partagé. Ironiquement, je n'en avais entendu dire que du bien auparavant...Perte de qualité cette année -là?

Le thème était Ghibli. Sur place, il n'y avait que deux choses sur le sujet pourtant : des posters dans le couloir et quelques cosplayeurs.

Mon stand était en vis à vis d'un autre qui avait le thème peu commun des poupées mutilées et maquillées façon gore, et qui mettaient vite mal à l'aise. (je crois qu'une autre salle comptait aussi des sculptures façon fœtus d'aliens )










Je me trouvais dans la salle principale où il y  avait la scène, au niveau sonore étonnamment élevé, il me semble me rappeler de jeux comme celui qui consistait je crois à passer une serpillère par terre avec sa tête.(???)

J'ai décidé de rentrer directement sans tenter la seconde journée.



On pourrait également citer le premier Games and cosplay festival de Mouvaux en 2010 ou 11 (mais depuis je ne sais également pas si ça a changé) car le partage de salle avec les tournois de Pokémon et l’absence de concours  cosplay faisait que très peu de monde était venu pour les stands dessins ce qui a fait paraître la journée longue aux exposants (dans une salle bien froide).

 Même principe pour les deux "Otacon" lyonnaises (2009 et 2011, en arrêt depuis). Pour la première les exposants parqués au sous-sol n'ont vu passer personne (je me rappelle de batailles d'avions en papier pour passer le temps), idem pour la seconde avec trois exposants (!) bien qu'au premier cette fois. Le tout sur les trois étages de l'Epitech sans ascenseur, et une cuisine absolument débordée si vous commandiez à manger sur les lieux. (entendre par là, se faire réprimander vertement si vous vous étonniez de deux heures de retard).



Ou bien  Paris Manga souvent surnommé "Pourri  Manga", du moins dans les derniers temps où j'y suis allée (vers 2009) , ce n'était pas tellement une question de défauts flagrants, mais plutôt d'ambiance vu que l'emphase y était plus qu'ailleurs sur les manga-anime récents et une population très jeune; il est bien possible de s'y ennuyer quand ce n'est pas son cas. Le lieu est toutefois désormais partagé avec le Sci-fi festival, donc j'imagine que ça a élargi le public cible?

Edit: Hélas les retours de l'édition de novembre 2014 (où je n'étais pas) font état de responsables et certains vigiles de l'entrée en manque d'amabilité. Je n'étais pas non plus à Japan Matsuri à Béziers en 2012 mais comme en témoigne ce retour de la joueuse Kayane sa mauvaise organisation avait alors fait le tour des réseaux sociaux.

Idem pour la volée de bois vert reçue pour Comicon Paris en 2015 sur les réseaux. (où j'étais, hélas!)


Elle figure aussi dans mon top des déceptions, étant donné l'immense espoir fondé sur cette soit disant version locale la plus grande convention d'un thème plutôt occidental. Si hélas l'original de San Diego, ou la section de Japan expo qui portait ce nom jusqu'alors valaient bel et bien le déplacement, ici on tomba sur un événement plus petit encore que bien des events locaux, et organisé avec des outils rouillés contaminés au tétanos (donc ce n'était pas au point question communication. Le changement d'organisateur à peu de temps de la première édition n'aurait paraît il pas aidé, mais cela n'explique pas que les problèmes étaient les mêmes à la deuxième édition).

En gros, un supermarché dont on a fait le tour en une heure; je me suis faite avoir par le nom et le fait que je n'étais jamais allée à l'espace Villette (pas assez  vaste, les gens se bousculent). On notera aussi la présence de stands de figurines manga (?) et bien peu de choses thématisées comics finalement. Beaucoup de stands de sponsors sans rapport aucun (melty, microsoft, wacom, canal +...) et pas assez de points de restauration. Une seule session cosplay, dans une salle trop petite pour que tout le monde y accède et le ticket d'entrée le plus cher du marché, à croire que l'achat du nom a coûté une fortune (qu'on a pas pu réinvestir).

 En outre, tous les blogueurs et autres amateurs spécialisés comics ne sont jamais acceptés en stands, pas assez rentables sans doute comparés au grandes entreprises précitées. Bref c'est plus Autographes Con qu'autre chose, seuls les invités étant un élément pris au sérieux (enfin quand ils n’annulent pas, c'est déjà arrivé aux deux éditions). Pour les riches, hein, car photos et signatures sont payantes et  coûtent fort cher. La première année, je ne me suis pas privée de faire connaitre mon avis, comme beaucoup de gens...Sans résultat: les retours de la seconde édition furent hélas identiques.


Les meilleures :


Epita à Paris ou Anim'est à Nancy, les deux ayant eu longtemps la réputation  d'être bon enfant. Dans la première, c'était le plus grand rassemblement de geeks nostalgiques (avec  pas mal de groupes rétro), pour la seconde les organisateurs étaient des adeptes du grand spectacle d'avant le cosplay. Ou du moins, c'était le cas jusqu'en 2009; (mes dernières visites) Epita aurait notamment perdu de sa superbe au point d'être déprogrammé en 2014.(mais aurait repris en 2015)

Epita 2004 
Anim'est 2005 


Cartoon Beach (gratuit, en arrêt, reconsidéré pour 2015, mais dans une version n'ayant plus rien à voir avec l'original) avait un environnement original (bord de mer) qui permettait des costumes à thème de bikini ou de sirène. Dommage que le camping à proximité  aie été glacial la nuit.



Comme le nom l'indique , les Geek Faëries ont pour particularité d'être plus jeux de rôles et occident. Vous vous en souvenez peut-être pour ses déboires en 2013 (annulation) mais ça irait mieux depuis.


Je n'ai fait qu'une édition (la première, en 2010) et malgré un cadre classique je trouvais cela rafraîchissant parmi les conventions qui étaient toutes manga-anime, ou manga-anime. On pouvait déjà faire des joutes avec des armes de GN ou admirer des participants habillés de façon moyenâgeuse. La version actuelle se déroulerait dans un château ce qui fait encore plus envie.


Question abondance? Japan Expo bien sûr, du moins jusque récemment. Le festival Kultima puis Comicon qui s'y tenait aussi depuis 2007 était pour moi la principale source d'intérêt, je ne me suis donc pas rendue là-bas en 2014 et 2015 pour la première fois  depuis 2006 comme expliqué auparavant; suite à la séparation des conventions et du fait que le nom  Comicon avait hélas été repris par l'escroquerie décrite plus haut, empêchant une nouvelle organisation de la version précédente.





On y trouvait des choses uniques comme les boutiques d'accessoires de GN, des jeunes créateurs originaux et la gastronomie japonaise digne de ce nom, des stands trouvables uniquement là bas sur le thème Ghostbusters, des décors Star Wars  ou les robots de combat, le tout dans une ambiance assez unique où tout le monde peut se saluer à la vulcaine sans attirer les regards curieux...  Même si bien sûr, il y avait contrepartie le prix, les files d'attente (à l'intérieur; dehors cela a été progressivement organisé de façon à être plus fluide);


notamment au distributeur de monnaie pris d'assaut et les pieds qui n'en peuvent plus au bout de deux jours. Alors quatre, comme aujourd'hui...Les cinq jours de 2014 auraient fait finir certains participants à l'état de zombies. Et puis le fait qu'on retrouve toutes les particularités positives jusqu'en province maintenant ! (pour la partie japonaise en tout cas; la Comicon d'alors, je crois qu'on peut s'asseoir dessus...)






Pas des conventions enfin mais les Gloubi Boulga nights (2000-2004) c'était quelque chose- des projections de vieux dessins animés en compagnie de Casimir dans une ambiance incroyable, j'avais fait mon premier costume à la dernière édition. Qui, contrairement à ce qui était annoncé à l'époque, n'est pas revenue dix ans plus tard...mais 13 ans, quoique juste à Paris.





Ou les bals de Normandie (deux éditions en 2009 et 2010), pas de stands mais comme le nom le laisse à entendre avec des participants vêtus de leurs cosplays de style robes à traîne et habits à queue, le tout dans un château qui présentait l'avantage d'avoir des chambres sur place (utilisé habituellement pour des mariages.) Une édition belge aurait également eu lieu mais je n'ai pas eu l’occasion d'y aller.





Pour l'avenir?



Je n'ai pas eu l'occasion d'y aller mais les deux éditions du "bal paradoxal" me semblent bien avoir pris la relève de l'esprit "bal". Même si j'ai loupé l’édition 2015, annoncée bien trop tard.




Les habitués de Paris comics Expo l'ont citée comme un bonne alternative à Comicon depuis qu'elle n'existe plus à Japan expo, je n'ai pas eu l'occasion de confirmer mais admettons.

Idem pour Geekopolis (toujours à Paris)


A Lyon BD, dans la section Comics Gone, on trouve aussi quelques boutiques et des cosplayers sur le sujet, ainsi que des stands amateurs.








samedi 25 octobre 2014

Erzsébet Bathory, la comtesse sanglante

(Filez, ce n'est pas un jardin d'enfants ici! Je déconseille la lecture aux âmes sensibles!)


Pas de femme serial -killer jusqu'à Aileen Wuornos? ( 1956-2002, ayant tué sept hommes qui l’auraient prise en stop) 



Cette rumeur persistante est hélas fausse comme le prouve par exemple l'existence de Belle Gunness (1859 -1908, a tué sa famille et des ouvriers de son exploitation puis ses prétendants façon Landru) 




ou Delphine Lalaurie (1775– 1842, torturait et tuait ses esclaves) .



 En fait, Erzsébet Bathory  (1560-1614) a le plus grand nombre de victimes (600) attribuées  à une femme.



Comtesse en Hongrie d'alors, (aujourd'hui Slovaquie), elle fut mariée à Ferenc Nádasdy qui périt sur un champ de bataille en 1604. Erzsébet restée seule entreprit de diriger la région à sa façon depuis son château de Csejte et laissa libre cours à de coupables penchants.





Une servante aurait un jour tiré les cheveux d' Erzsébet Báthory un peu trop fort en la coiffant. Cette dernière l'aurait giflée à la faire saigner du nez. Éclaboussée par quelques gouttes d'hémoglobine, Erzsébet aurait remarqué qu' à cet emplacement sa peau avait gagné en souplesse. Elle fit tuer puis saigner sa domestique et se baigna dans le sang. Mais l'amélioration qui en résulta fut provisoire et elle dut recommencer, dit-on.

La jeunesse et la beauté l'obsédaient et le plus incroyable dans tout ça c'est qu'Erzsébet  avait (peut-être)  raison!  Le "masque au sang",  appliqué sur les cellules du visage selon un traitement à la mode en Floride actuellement, accélérerait bel et bien leur rajeunissement. Aujourd’hui toutefois c'est la propre hémoglobine du client (prélevée sur son bras)  que l'on applique ensuite sur son visage. (à moins d'user, pour tout le corps, de sang animal) La comtesse, elle, ne se contenta pas de son seul visage et ne décida pas non plus de se mutiler pour obtenir le sang-qu'elle en aie ou non eu l'idée après l'incident avec la bonne.  




Quel qu'aie été l'élément déclencheur de tout ceci, Erzsébet Báthory recruta des jeunes filles des environs (de préférence vierges) prétendument pour les engager comme domestiques. En réalité les malheureuses passaient rarement la nuit. (à moins qu’Erzsébet n’attende qu’elles aient commis une faute-peu grave-pour les « punir ».)

On rapporte des tortures faites à coup d’aiguilles, ou des victimes laissées à mourir de froid dans la neige. Voire dans des lacs gelés comme cette infortunée sur qui Erzsébet aurait fait verser de l’eau glacée pour la voir périr lentement.





On ne connaîtra pas avec exactitude tout ce qu’Erzsébet a accompli comme atrocités mais les histoires sont légion. La plus connue concerne les bains réguliers de sang de pucelles, ou l’utilisation de « vierges de fer » pour le recueillir. 




Ces sarcophages de fer hérissés de clous (on en voit notamment dans le film Sleepy Hollow) 

La mère d'Ichabod Crane dans la vierge de fer.

en tant que moyen d’exécution légal relèveraient du mythe. Rien ne garantit, hélas, qu’en revanche des instrument de style voisin n’aient été fabriqués pour un usage privé…

On raconte qu’ Erzsébet fit venir des filles pauvres pour un banquet (à l’occasion de la Noël ou du Nouvel an) et qu’une fois assises, les lumières s’éteignirent. Quand on ralluma, les infortunées avaient toutes la gorge tranchée, et la comtesse apprécia bien plus les mets arrosés de leur sang.


Photo de Celeste Canino


Erzsébet Báthory aurait également souffert de migraines chroniques ; à ce qu’on dit la seule chose qui les soulageait étaient les chansons d’une cantatrice itinérante. Elle put, tout le temps que la comtesse la garda à son service, se vanter d’être avec les filles d’Erzsébet une des rares femmes jeunes à avoir pu rester en vie près d’elle longtemps. Mais la chanteuse avait néanmoins conscience que les disparitions régulières de servantes étaient suspectes, elle avait probablement aussi entendu des cris, vu des traces de sang…Ayant peur, elle demanda à partir. Erzsébet Báthory refusa, mais devant l’insistance de la chanteuse, elle accepta à condition d’entendre une dernière chanson. Alors que la jeune fille s’exécutait, Erzsébet attrapa au tison une braise incandescente qu’elle enfonça dans la gorge de sa victime, lui brûlant les cordes vocales et la tuant sur le coup : « Tu ne chanteras plus pour moi, alors tu ne chanteras plus pour personne . » affirma la comtesse. 




Erzsébet Báthory était selon toute vraisemblance bisexuelle ; on lui prête donc, en plus des tortures, des viols perpétrés sur les victimes.

Les paysannes des environs disparaissaient si régulièrement que, méfiantes, les familles de la région envoyèrent de moins en moins leurs filles travailler au château de Csejte. Qu’à cela ne tienne, les complices de la comtesse (Dorkó et Katalin Benická, ses gouvernantes, sa nourrice Ilona Jó, la sorcière Anna Darvulia et le nain János, dit Ficzkó) allèrent kidnapper d’autres victimes.

Mais là encore les ressources de la région finirent par s’épuiser. De plus, la comtesse aurait constaté que l’hémoglobine n’était plus si efficace depuis quelques années. Que faire ? Dorkó aurait suggéré de plus utiliser que le sang bleu des jeunes nobles. Erzsébet Báthory proposa aux filles des aristocrates locaux de venir prendre des cours d’étiquette chez elle. Evidemment elles disparurent toutes très vite, mais là, il y eut enquête puisque les origines des victimes faisaient qu’on s’inquiéta beaucoup plus. Il faut y ajouter la peur générée par  le fait que nul n’avait vu ressortir du château de Csejte les paysannes qui s'y rendaient précédemment , et le comportement public suspect de la comtesse. La femme qu’ Erzsébet avait faite mourir lentement dans un lac gelé, s’était ainsi préalablement vue égratigner la main d’un coup d’épingle alors qu’elle était venue demander la charité à la portière du carrosse de la noble dame.

 György Thurzó, cousin d’Erzsébet, se rend à Csejte le 29 septembre 1610, et trouva dans les caves des cadavres de victimes, d’autres blessées, et d’autres prisonnières attendant leur tour. Erzsébet Báthory et ses complices sont arrêtés, et un procès se  tient le 7 janvier 1611 à Bytča, présidé par le juge de la Cour royale suprême, Theodosious Syrmiensis de Szuló, et vingt juges associés. Dorkó et Katalin Benická, Ilona Jó, et le nain Ficzkó sont condamnés au bûcher. Mais Erzsébet elle-même ne participe pas au procès. Elle est en effet liée à la famille royale et le scandale doit être évité. (de plus, son mari aurait lui-même participé à certaines tortures avant sa mort: sa mémoire de héros national ne doit pas être entachée).

Elle sera en quelque sorte condamnée à la perpétuité mais dans sa propre chambre. L’entrée en sera murée, mais avec une ouverture en bas pour laisser passer les repas. On dit aussi que la chambre contenait un miroir pour qu’ Erzsébet s’y voie vieillir. On peut parler d’emmurement, mais est-ce si cher payé comparé à ce qu’elle a fait ? La comtesse meurt le 21 août 1614, et on murmure que son fantôme serait revenu hanter le château détruit…






Erzsébet Báthory a-t-elle commis toutes les atrocités et eu le grand nombre de victimes qu’on lui qu’on lui attribue ? Les aveux de ses complices furent pour certains arrachés sous la torture, d’où la conclusion qu’il y aurait eu exagération. Mais inversement, Erzsébet n’aurait-t-elle absolument rien fait alors ? Certainement pas non plus : pas de fumée sans feu !  Les rumeurs n’étaient certainement pas sans aucun fondement, et il est aujourd’hui admis qu’ Erzsébet Báthory s’entourait de jeunes filles lui rappelant ses propres virginité et jeunesse envolées, qu’elle était narcissique, et sadique-sans oublier les tendances saphiques. Elle aurait donc effectivement torturé certaines servantes et usé de leur sang à des fins cosmétiques, même si les bains sont douteux.

Photo de Bloodsnow


Sculpture de Todd  Macfarlane



 C’est paradoxalement ce pourquoi on se souvient d’Erzsébet Báthory : taper son nom sur n’importe quel moteur de recherches d’images ou galerie virtuelle la fera surgir tôt ou tard dans sa baignoire d ‘hémoglobine.(le sujet semble prisé par les photographes de mise en scène morbides, il inspire aussi des œuvres d’art telles que des sculptures très gothiques.)






La postérité d’Erzsébet Báthory est loin de se limiter à cela : on la cite comme source d’inspiration du personnage littéraire de Dracula avec son homonyme historique, Vlad Tepes qui empala à tour de bras, et Gilles de Rais qui fut soupçonné de centaines d’assassinats d’enfants. Erzsébet elle-même est à l’origine du roman Carmilla de Le Fanu, (1872) dont le personnage principal est un vampire.





 On devine sans peine l’apport de la comtesse au genre vampirique, notamment l’archétype aristocrate. Au point que le Dracula littéraire lui emprunte son titre de comte, alors que l’original était un voïvode (prince) de Valachie.




 En fait, on lui doit la construction du monstre tout court (ayant besoin de sang pour se régénérer)  puisque auparavant on avait du mal à distinguer le vampire du loup-garou (appelé dans ce cas un broucolaque) ou des autres spectres et revenants. Rien de moins!  On comprend mieux le surnom de "Comtesse Dracula".




De là à supposer qu’ Erzsébet Báthory était, ou serait devenue, vampire, il n’y a qu’un pas vite franchi.


Erzsébet selon Genzoman,  n'ayant plus rien d'humain.


Les biopics classiques, comme La Comtesse (de Julie Delpy, 2009) 




ou transposant dans un environnement plus moderne son histoire( Les lèvres rouges,1971)






ont abondé, mais les plus intéressants sont les personnages plus ou moins inspirés directement de la comtesse. 




 Erzsébet sous son apparence de reine des enfers.

























Par exemple la bande dessinée Requiem : chevalier vampire, qui se déroule aux Enfers, et dont les habitants sont pour la plupart des morts fautifs devenus vampires. Là-bas, (dans le tome 10) Erzsébet s’y révèle être rien moins que la femme du roi local, Vlad Dracula ! C’est ce qui s’appelle s’être bien trouvés. Tout comme dans le roman Comte et comtesse de Rose Christo où ils correspondent ensemble à travers les siècles.






Dans le manga de Lady Oscar, un récit adventice (non intégré à l’histoire principale et proposé en bonus de celle-ci) fait rencontrer à l’héroïne travestie un avatar français et transposé au XVIIIème siècle d’ Erzsébet , la comtesse veuve Elizabeth (traduction exacte de son prénom) de Montclair. Celle-ci se rend très vite suspecte à la réception où elle se rend, en disant  aimer « plus que tout au monde » qu’on lui dise qu’elle est belle…ou en éborgnant d’un coup d’épingle sa camériste, qui l’a légèrement écorchée ! Voilà qui semble déjà digne du personnage d’origine. D’ailleurs des rumeurs de vampires et de disparitions de jeunes filles sont bien entendu rapportées…Mais en prime, le meilleur horloger de France est porté disparu tandis que Mme de Montclair a été aperçue avec un jeune homme à la beauté surhumaine qu’elle dit être son neveu Lionel-de santé trop fragile pour se présenter en public.  




Le lendemain Oscar, son valet André, sa nièce Loulou et deux jeunes filles, Rosalie et Caroline, s’égarent dans les bois et trouvent refuge au château Montclair.




Au cours de la soirée, Caroline ne résiste pas à l’envie de chercher le beau Lionel. Laissée en sa présence, ce dernier la serre brusquement dans ses bras…et des pointes sortent de son corps, tuant la jeune fille sur le coup ! Lionel est un automate, ce qui fait de lui un avatar modernisé de la vierge de fer. Le constructeur est l’horloger disparu, et retrouvé par le reste du groupe dans les cachots, où il s’est retrouvé enfermé après avoir été énucléé (dans le but qu’il ne reproduise pas son travail, mais reste en vie pour entretenir sa création). Bien sûr, il rapporte des cas de jeunes filles kidnappées, torturées, et dont le sang servait de bain de jouvence à la comtesse. Oscar et sa petite troupe fuient après avoir accidentellement incendié le château, en sorte que cette fois la comtesse meurt spectaculairement dans le feu.   

Une histoire vraie, avec une triste héroïne plus narcissique que la Reine de Blanche-Neige, qui, on le voit, rivalise avec n’importe quel récit d’horreur qu’auraient pu inventer tous les auteurs gothiques de la terre.




Source: Crimes dans la soie, 30 histoires de milliardaires assassins par Pierre Bellemare.