dimanche 17 mars 2019

Les live de Disney



Pourquoi Disney fait-il si souvent des remakes live de ses classiques animés? Pour l'argent facile?  Très certainement, mais pas seulement.




Pour qu'il y aie une version "réelle"? En réalité, le medium employé est secondaire. c'est en fait un prétexte pour ne pas avoir l'air de vouloir remplacer l'original.



Le premier remake remonte à 1996 (Les 101 dalmatiens, et sa suite, oubliable il est vrai). Mais à l'époque ça restera unique. C'est en 2010 avec l 'Alice de Tim Burton que les affaires reprennent. Les remakes deviendront la rage des années 2010 comme les suites en vidéo dans les années 2000.



 Mais au début, les live se cherchaient encore: Alice et sa suite sont...des suites, justement, au dessin animé, et Maléfique un changement de point de vue, même si "révisionnisme" serait un mot plus juste (avait-il vraiment besoin d'une suite d'ailleurs?).





Mais ces films ont fonctionné, pas comme des projets plus originaux (John Carter ou A la poursuite de demain. Et c'est dommage, j'adore ce dernier).



 Donc on est partis dans "remakes/suites". Et ce n'est pas forcément un mal. On a dépassé le stade du "tournons autour de l'original sans  y toucher" pour partir sur "adapter carrément l'original".



C'est le cas depuis Cendrillon. Les chansons manquaient encore, mais c'était bien l'histoire telle qu'on la connait. La démarche pouvait sembler vaine, surtout pour un film aussi récent que La Belle et la Bête qui n'a qu'un quart de siècle . Le premier à être si proche de l'original qu'on l'a souvent qualifié d’inutile. Mais je pense avoir discerné un motif récurrent.

Les enfants des années 1990 peuvent aller montrer sur grand écran une réédition de ce qu'ils ont vu à leurs propres enfants. Ça explique un remake comme celui du Roi Lion.



Mais pas seulement. Excepté Le livre de la jungle, Peter et Elliot le dragon,  et Dumbo, les films dont on fait les adaptations aujourd'hui sont plutôt ceux tirés de contes.



Cendrillon, La Belle au Bois dormant (Maléfique, donc) , La Belle et la Bête. Bientôt Aladdin, puis Mulan. Si on en croit les rumeurs: Blanche-Neige, et La petite sirène (et Cruella, même si j'espère que dans cette nouvelle adaptation ils ne la rendront pas gentille comme Maléfique! Mais ce titre trahit que ces remakes là ont été fait pour les méchants).




A part Pocahontas, les seules princesses qui manqueront sont celles trop récentes pour avoir un remake (celles de l'époque CGI). Ce que ça veut dire? Et bien ces films là, on les appelle "les films de princesses" depuis quelques années. La franchise Disney princesses a été lancée en l'an 2000, et d'abord simple marque de merchandising, elle a encouragé à ce qui semblait d'abord des absurdités.



Comme les princesses intervenant dans une autre oeuvre que celle d'origine (Princesse Sofia) ou interagissant dans un univers partagé (Ralph 2.0, Once upon a time, Descendants).



 Les deux dernières séries ont d'ailleurs certainement contribué à habituer à l'idée d'adapter les histoires en live action aussi.





La franchise Disney princesses  a subi bien des critiques ces dernières années, à commencer par le fait que les princesses seraient  de mauvais roles-models (trop soumises) pour les petites filles. Ça explique les campagnes de pub récentes ("crois en tes rêves") empouvoirantes, mais pas seulement.



Les réalisateurs, qui ont grandi devant ces films, ont dû se dire:" Hé, ça donnerait quoi si on l'adaptait au public moderne?"  Ça donne une Cendrillon plus présente (l'accent n'est plus mis sur les souris, car il n'y a plus le problème d'avoir du mal à animer les humains harmonieux). Et qui reste, parce qu' elle a promis de faire preuve de bienveillance et d'aimer la maison de son père à sa place; pas parce qu'elle  est soumise.



On a aussi tenté de rendre une Belle plus indépendante, mais hélas! Au point qu'elle en devient trop "virile". Et peu coquette au point que sa robe de bal est réduite à un tas de tranches de cheddar...

Pourquoi, mais pourquoi?


On l'aura compris, j'aime beaucoup le Cendrillon de 2015 (Strong! et La nouvelle robe! Magnifique!),







mais dans La Belle et la Bête de 2017, j'aime tout sauf l'héroïne ...et c'était l'essentiel.

Je n'aime pas cette injonction d’habitude, mais pitié Emma: souris.


Et pour Aladdin? On nous a promis une Jasmine plus présente, aussi...

Elle aurait même une chanson solo...



Les princesses version 21 ème siècle pour les adapter aux enfants d'aujourd'hui peut être déjà une motivation. Mais pas seulement: on voit beaucoup de remakes des années 90 ces temps-ci, car les créateurs sont encore vivants pour la plupart.

Ils ont dû penser: "Comment ferait- on aujourd’hui?" et vouloir inclure des éléments apparus dans les adaptations de Broadway (presque tous les classiques des années 90 l'ont été).

Ou inclure des éléments qu'il avait fallu couper dans l'original. Alan Menken, parolier de tout ce qui est sorti à cette époque, s'éclate visiblement à inclure des chansons coupées ou à en réécrire des nouvelles.


Vu le rythme des sorties, les remakes sont sous le feu de la critique ces temps-ci, et on peut déjà distinguer quelques marottes (j'ai fait un bingo):


Certains détails sont évidents (nouvelles chansons, nouvelles scènes), et d'autres plus étranges. Pourquoi vouloir toujours expliquer de quoi la mère de la princesse est morte? Et pourquoi le méchant transforme -t-il en monstre son animal de compagnie plutôt que lui même?

De mon côté, j'ai une réelle curiosité à voir les remakes depuis qu'ils concernent les  années 1990: on se surprend à penser "Tiens, ils ont pensé qu'on pouvait se passer de ça?" ou au contraire "Ah, c'est resté! Bien sûr, c'est iconique!" . On se rend mieux compte de "l'héritage" de tout ceci.

                                              (Tiens ça, c'est nouveau...je ne m'y attendais pas?)

vendredi 8 mars 2019

Ralph 2.0 : critique

(Comme d’habitude, je spoile sans vergogne.)



Le voilà enfin, le film teasé voilà si longtemps en raison des caméos incroyables qu'ils contient et dont on entend parler depuis neuf mois.

L'histoire, vous devez la connaître: Ralph et Vanellope vont sur internet (via le nouvellement installé wifi) pour racheter le volant cassé du jeu de Vanellope (Sugar Rush) sur Ebay. Internet qui, comme les jeux, se révèle être un lieu doté d'une vie propre.



Dans la catégorie bon point, cette fois, pas de méchant "surprise". C'était assez novateur (Les mondes de Ralph en 2012 était l'un des premiers films à jouer cette carte), mais systématique ces dernières années. Ici les nouveaux personnages sont dignes de confiance, l'histoire est sans antagoniste, juste avec des conflits d'intérêt. Certains diront que le virus Arthur (vu son design) et les clones de Ralph qu'il crée comptent, mais je ne crois pas: ce sont des créatures qu'on voit peu de temps et qui sont neutres, ne sachant pas ce qu'ils font.



Et puis bien sûr: Internet, c'est nerdgasmic! Beaucoup d'entre nous ont supposé que la suite des  Mondes de Ralph se passerait en ligne, même si l'univers des jeux est moins exploité (mais c'est tant mieux  pour moi, je n'ai pas cette culture).



 C'est une immense cité où on reconnait des sites célèbres (sous la forme d'immeubles) et parcouru d'avatars des utilisateurs.  Certains sites sont fictifs: Buzztube, qui rappelle Tiktok, ou Mr Je sais tout, le moteur de recherches. Problème de copyright? Non, Google est pourtant présent.



A part ça Ebay ressemble à une salle d'enchères, Instagram à un musée, Youtube à un cinéma (vu de l'extérieur), Pinterest est une galerie pleine de tableaux de liège à photos, les petits oiseaux de Twitter se répètent les messages les uns aux autres...Et bien sûr le dark web a l'air d' un quartier louche.



Cela risque de faire sembler le film daté un jour (les sites peuvent rapidement changer d'apparence ou même  disparaître, qui se rappelle de Myspace?). On se souviendra  de l'épisode de Futurama Le mariage de Leela, qui montrait aussi internet vu de l'intérieur.



Mais (malgré que ce soit l'an 3000) à la mode des années 2000. Avec internet long à lancer, qui empêche de se servir du téléphone, avec surtout des chats de discussion, peu d’utilisateurs  de sexe féminin,  une allusion à Napster...

Mais en attendant, la supposition comme quoi si les personnages de jeux d'arcade ont une vie propre, alors internet c'est un formidable terrain de jeu, est juste-et divertissante. Au moins autant que le monde l'imagination d'une enfant dans Vice-versa.




Passons au sujet qui fâche, et qui est la morale de l'histoire à n'en pas douter. Car elle prend à contre pied celle du précédent film. A savoir, Vanellope qui reste en permanence dans le jeu de course en ligne Slaugther race, découvert en route, et Ralph qui revient seul à l'arcade à la fin.



Bien sûr, il peut arriver un jour que de bons amis d'enfance doivent se séparer, parce que l'un a trouvé un nouveau travail, doive déménager, voire s'éloigne pour lancer sa carrière et effectivement suivre ses rêves. C'est un thème fort, qui peut être bien exploité. Il y est fait allusion dans Vice-versa, quand Riley réalise que depuis son déménagement, Meg, sa meilleure amie d'enfance, s'est déjà fait une autre copine.


C'est dur au début mais Riley finira par se faire d'autres amis. Et sur un plan plus métaphorique, Joie doit accepter de voir mourir les souvenirs des jours heureux de Riley, qui cesse d'être une enfant.



Mais une pareille thématique aurait mérité de nouveaux personnages. Ici, ça détruit le premier film puisqu'à la fin, Ralph ne regrettait plus d'être un méchant détesté de tout le monde, si Vanellope l'aimait bien. Et là...Et bien Vanellope, quel est ton problème? Elle qui ne pouvait pas quitter son jeu tant que celui- ci n'était pas réinitialisé, on peut comprendre son besoin d'explorer le vaste monde.



Mais vue son envie de rejoindre les courses dans Sugar Rush tant qu'elle en était exclue,et son énergie pour arriver à ce but, je pense qu'elle s'en est bien vite lassée. D'ailleurs, ce trait de caractère est unique: tous les autres personnages d'arcade s’accommodent bien de leur train-train quotidien pourtant...première maladresse. Sans parler du fait que lorsqu'il est débranché, Vanellope sort que malgré tout, elle aimait son jeu.



Ensuite, je sais que dans un film d'une heure et demie on est pressés, mais : Vanellope passe trois minutes trente dans Slaughter race, a interagi encore moins de temps avec ses habitants, et elle veut déjà y rester pour toujours; alors que c'est littéralement le premier jeu en ligne qu'elle visite.




Elle a pourtant rencontré Elsa, qui aurait pu lui expliquer qu'on ne reste pas dans un jeu qu'on vient de visiter, pas plus qu'on épouse  un homme qu'on vient de rencontrer.



Qu'est ce que Vanellope trouve à Slaughter race ("course de massacre"), hormis le fait qu'en ligne on n'est pas obligé de suivre la piste? Comme dit Ralph, c'est pollué, dangereux, poisseux, violent, sans foi ni loi...très proche du Grand Theft Auto qui a dû l'inspirer. Comment une poussinette princesse des friandises s'y sent à l'aise, et comment son skin ne rebute pas les joueurs? Bonne question.



Vanellope dit aussi que Shank, protagoniste de Slaughter race, est la personne la plus cool qu'elle aie croisée. Difficile d'être autre chose en effet quand on est doublée en VO par celle qui a tenu le rôle de Wonder Woman. C'est rare, une femme forte dans un jeu de course dangereux et donc viril par définition. Et c'est vrai qu'on a mis le paquet tant sur ses vêtements, son comportement, sa voiture, sa façon de conduire...le film a en quelque sorte créé sa Lara Croft.



Et oui c'est cool, mais au point, comme dit Ralph, que Shank en paraît frimeuse. De plus, qu'est elle, à part ça? Car je l'ai dit, on n'a pas eu beaucoup le temps de faire connaissance. Shank se révélera être quelqu'un de bien, elle et son gang, en coulisses-ils prendront le temps d'apporter leur aide. Vanellope a eu de la chance qu'ils le soient, mais rien ne prouvait qu'ils l'étaient de base. Surtout que dans son jeu, Shank est l'antagoniste: avec son gang, elle est celle qui doit empêcher les joueurs de mener leurs missions à bien.



Donc c'est une méchante qui est une femme bien en dehors des heures de jeu, comme Ralph. En fait, si quelqu'un aurait dû s'attacher à Shank, c'est plutôt lui! Comme quoi...

 Ralph subit un changement de caractère dérangeant ici, il est très trouillard. Il avait eu peur dans Hero's duty , dans le premier film, mais seulement à ce moment là. Ici c'est presque tout le temps et surtout dans l'univers de  Slaughter race. Mais à juste titre, d'autant qu'en tant qu'étrangers au jeu, Vanellope et lui disparaîtront pour toujours s'ils meurent hors de leur jeu.



On comprend que quand Vanellope s'improvise spammer, Ralph, avec Yess, l'algorithme personnifié de Buzztube (très cool aussi), préfèrent l'envoyer dans un lieu moins dangereux que Slaughter race.


C'est à dire Oh my Disney, un site plus familial. En fait, Ralph est aussi enthousiaste à l'idée de laisser Vanellope dans Slaughter race, qu'un père à l'idée de confier sa fille mineure à des voyous, dans un quartier louche...et il a raison. Vanellope confirme dans ce film qu'elle n'a jamais eu de parents, et même s'ils se disent amis, j'ai perçu la relation à Ralph comme avec un père de substitution, pas étonnant qu'il se montre protecteur. Et sans doute aussi que Vanellope préfère à présent une mère de substitution comme Shank. Et le risque de mort hors-jeu? Peuh! Il suffit d'intégrer le code de Vanellope à Slaughter race. Si c'était si facile, pourquoi ne pas avoir utilisé l'astuce dans le premier film?

Mais ça reste rude, et en grande partie injustifié. Ralph va confronter  Vanellope à son choix de laisser tomber tout le monde à l'arcade. Réponse: "Il y a quinze autres personnages jouables, personne ne va remarquer mon absence!" (on croyait qu'elle aimait son jeu?). Sans doute songe -t-elle à l'époque où en effet, remplacée par le roi Sa Sucrerie, elle n'a semblé manquer à aucun joueur.



Même si c'était déjà une faille logique, Vanellope est dessinée sur le côté de l'arcade et une simple recherche en ligne sur Sugar Rush aurait permis à n'importe quel joueur de remarquer l'incohérence. Et puis, au lendemain du "coup d'état" de Sa Sucrerie, nul joueur non plus ne s'est inquiété de la disparition de Vanellope en même temps que l'apparition d'un personnage inédit de roi.

Cette incohérence est encore plus criante ici; car à la fin du premier film, Vanellope devenait populaire auprès des joueurs en raison de sa capacité à bugguer. Au début du second, c'est encore le cas, une jeune cliente s'exclame même qu'elle adore Vanellope pour cette raison...mais ces mêmes joueurs semblent en effet ne pas remarquer qu'elle n'est plus jouable, à la fin (sans raison). Cela aurait pourtant pu être interprété comme une panne, et faire débrancher le jeu.



Surtout, dans le premier film, quitter son jeu était perçu comme une faute grave. C'était le péché originel de Turbo alias Sa Sucrerie, et en faire autant était qualifié de "se la jouer Turbo", un tabou dans l'arcade. Ralph, en allant ramasser une médaille dans Hero's duty,  avait mis son jeu en danger grave (on le croyait en panne) car Félix Fixe ne peut exister sans méchant.



La morale du premier film en est totalement modifiée,  c'est-à-dire qu'on en concluait qu'il fallait mieux rester soi-même,  et à sa place.  Changer de rôle est dangereux pour un personnage de jeu vidéo, mais là, juste parce qu' il y a plus de  personnages jouables dans le jeu de Vanellope; pas de problème pour elle pour en  changer.  Ce qui n'est pas vrai, car elle est un personnage vedette.  Et qui plus est, souvenez-vous, elle est  la princesse,  donc techniquement c'est un chef d'État qui abandonne ses sujets et son royaume.



Outre que cela nous fait paraître Vanellope  égoïste,  son comportement m'a d'ailleurs presque inquiétée. Il évoque  celui  d'un toxicomane, qui  ne trouve jamais satisfaction,  et pour qui il faut des sensations toujours plus fortes.  Dans ce cas il faut écouter les copains, qui vous conseillent  de revenir à ce qu'on faisait au début,  pour éviter l'escalade.

 De plus,  on ne va pas se mentir,  quand les amis se séparent,  parce que l'un d'eux doit aller vivre ailleurs, même si on promet de ne pas s'oublier,  ça va se produire. On le voyait déjà dans Vice-versa quand Riley devait se faire d'autres amis. La grande amitié (ou l'amour) implique la présence quotidienne de l'autre, bien souvent.



 Ici Vanellope  ne peut s'absenter que pendant les mises à jour, et elles n'ont lieu  que tous les deux mois.  Donc forcément,  ça ne va pas arranger son amitié avec Ralph. Ce dernier n'a pas réussi à créer des liens aussi forts avec quelqu'un d'autre à l'arcade.  A la fin on le voit assis sur le banc où il était au début du film avec Vanellope, mais tout seul.  L'arcade est un petit microcosme,  ce n'est pas comme internet où on peut rencontrer des tas de gens.  Alors même si c'est censé être pour le mieux,  même si les amis doivent laisser leurs copains faire leurs propres choix et suivre leurs rêves,  et tout ça,  au final ...non.



 L'histoire n'a rien apporté à Ralph,  bien au contraire. Si un troisième film a lieu,  il faudra de nouveau remettre en cause de le statut quo pour que les personnages soient côte-à-côte pour une autre mission.  Evidemment  il faudra que Vanellope puisse s'absenter hors  mise à jour. Donc, ce sera remis en cause, tout ça pour ça.

 Ils auront leur fameuse brouille de milieu de film,  comme dans le précédent... Vanellope l'accusera  de ne pas être un véritable ami.  Sauf qu'en fait si ! On parle quand même du type qui a fait des vidéos de buzz par dizaine, et qui  à cause des commentaires  a appris une fois de plus que tout le monde le déteste.



Et on parle aussi du type qui l'a sauvée alors que tout s'est écroulé sur elle,  dans Slaughter race. Rien ne l'obligeait  à faire tout ça,  parce que ce n'était pas son jeu à lui qui était menacé.



Sans parler du fait que quand il lâche Arthur, le virus, dans Slaughter race,  il copie puis redistribue la faiblesse qu'il a trouvé chez Vanellope: son bug.  Elle croit d'abord que tous les jeux buggeraient  à cause d'elle,  et Ralph aurait pu répondre: " Oui  bien sûr,  partons là-dessus ." Il aurait  pu la laisser  croire qu'elle ferait bugger tous les jeux dans lesquels elle serait entrée. Elle serait donc rentrée avec lui,  en pensant qu'il ne fallait pas quitter son jeu et voilà.  Seulement il a été honnête, et a avoué que c'était la faute du virus qu'il avait lâché.


.
 Et rien ne l'obligeait à le faire (donc oui je trouve ça honnête).  Mon impression est que Ralph est au contraire un véritable ami qui se démène,  tandis que Vanellope  est égoïste.



Mais au diable cette morale pourrie, dont finalement tout le monde se moque! Ce n'est pas vraiment ça qui a fait déplacer les foules , ni ce dont on  se souviendra.  Ce film a été classé comme étant du fan service, et ce n'est pas un défaut. Au contraire,  on s'en souviendra pour son univers absolument incroyable, à savoir internet vu de l'intérieur, qui constitue déjà quelque chose de génial en soi.

Mais surtout,  il y a la scène qui a fait trépigner tous les  Disneynerds. Evidemment, celle de la visite du site Oh my disney et celle ...des princesses! (*hurlements de fangirls*)



A l'origine, c'est le jeu Disney infinity qui aurait dû être visité. Il  rassemblait tous les personnages appartenant au studio,   y compris Marvel,  Lucasfilms et Jim Henson productions. Mais le jeu avait déjà fermé pendant le développement du film.



 Donc,  Vanellope  rencontre les avatars de tous ces personnages sur un simple site d'information . Ça peut paraître étrange,  car tout le monde peut faire un quiz en même temps, et  sans spectateurs.  Ce n'est pas quelque chose qui arrive de temps en temps,  donc ça explique mal comment les avatars des princesses (qui  n'ont pas le don d'ubiquité) sont sollicitées pour cela.

 Mais c'est quand même une scène très excitante on où on peut croiser les personnages tels que Bourriquet,  Buzz l'éclair ou Baymax. Voire, ce qui a dû être le dernier caméo de feu Stan Lee.




 Puis Vanellope, prise en chasse par des stromtroopers  de l'Empire (toujours aussi nuls) fuit, et  elle croise Nick de Zootopie. Puis La Fée Clochette,  l'ombre de Peter Pan et ce qui doit être la première édition numérique du nain Grincheux.



Et bien sûr la fameuse scène où elle se zappe dans le vestiaire des princesses Disney:  les onze officielles,  plus Anna, Elsa et Vaiana.



 C'est particulièrement excitant de voir les princesses dans la même scène, confrontées les unes aux autres, pour la simple et bonne raison que jusqu'ici dans la franchise dite des Princesses  Disney ,  ça n'arrivait pas.



C'était au départ une marque de merchandising pur, et on avait hésité à faire interagir les princesses. Car elles  appartiennent à différents univers,  lieux, et espace-temps. C'est pourquoi elles ne se regardaient jamais sur  les illustrations,  et apparaissaient  individuellement dans Princesse Sofia. 




Mais  nous sommes habitués depuis bientôt vingt ans à les  voir ensemble sur les illustrations ou dans les parcs à thème.



  Alors ce tabou est peu à peu tombé,  et dans Ralph 2. 0 (donc dans un film de cinéma) , elles interagissent enfin (même si elles  sont en fait les avatars virtuels des princesses).

La scène est absolument géniale  pour différentes raisons. La première c'est que quand elles voient une intruse,  elles se montrent franchement badass,  même Cendrillon ou Aurore.  Ensuite elles commencent  à discuter des tropes des princesses,  notamment les clichés communs.  Du style ne pas avoir de mère,  ou avoir été ensorcelée, empoisonnée, capturée, etc. Vanellope réagit  en demandant si elle doit appeler la police,  comme une personne normale finalement.  Car c'est vrai que de telles vies, c'est chaud,  dans notre société actuelle.



Les princesses remarquent ses vêtements modernes. Cendrillon en fait faire des nouveaux par ses souris.  Elles savent faire les robes de bal ( on l'a vu dans le film,  la robe rose) mais elles ont fait très vite...(en l'espace d'une transition à la Batman, même si c'est Marvel que Disney détient).  En fait c'est peut-être plutôt Elsa qui les  a fabriqués (elle peut faire apparaître des vêtements  par magie).



Il est exact qu'un corset et une crinoline, ça fatigue vite. Mais certaines princesses ont déjà des habits confortables de base (Pocahontas, Jasmine ou Vaiana), et d'autres ont des habits alternatifs à leurs robes de bal. Les haillons de Cendrillon, la robe bleue de Belle, ou la jaune de Tiana...








Donc qu'est ce qui a motivé la soirée pyjama en habits modernes?   En raison de l'hommage à la culture internet, c'est peut-être dû  la mode du disneybound . Ceci va beaucoup faciliter la tâche aux disneybounders,  justement, parce qu' on vend déjà les t-shirts que portent les princesses dans cette scène.


Puis la discussion reprend , cette fois-ci sur les chansons. A savoir qu'une princesse exprime souvent ses sentiments de  cette façon.  Vanellope est censé être étrangère à l'univers de Disney ( c'est comme si  elles discutaient avec Peach ou Zelda),  mais en réalité nous savons que c'est bien une princesse Disney.  Et Vanellope se met effectivement à chanter un peu plus tard, dans un  style typique  de comédie musicale,  mais dans le milieu de Slaughter race (d'où un certain décalage burlesque). Le tout  fait par le compositeur  de toutes les chansons Disney dans les années 1990, Alan Menken.



Si on en croit ceux qui avaient vu la  scène des princesses à la D 23, elle a été coupée.  Il manque certaines séquences, comme les princesses révélant leurs secrets. On apprend que Blanche-Neige a besoin de lunettes, et que Jasmine est asthmatique car allergique aux poils de chat.  On retrouve d'ailleurs ces éléments dans le merchandising puisque  la poupée Blanche-Neige a des lunettes.




 Je crois qu'il y a aussi une autre scène coupée,  puisque dans les bandes-annonces Vanellope voulait  caresser le raton laveur de Pocahontas,  mais celle-ci lui apprend que Meeko mord.  La coupe se justifie pour les secrets,  puisque franchement pourquoi Jasmine aurait un tigre  si elle est allergique aux poils?




L'apparition des princesses n'est pas aussi  gratuite qu'on pourrait le croire. Ça sert à quelque chose pour Vanellope de les rencontrer car elles lui ont appris qu'une princesse pouvait chanter  sur ce qu'elle désire vraiment. Et c'est parce qu' elle a sa chanson juste après que Vanellope  réalise qu'elle veut rester dans  Slaughter race. A  la fin (même si certains disent que c'eut été  plus logique si ça avait été Shank et ses copains qui avaient sauvé Ralph) c'est encore les princesses qui viennent le sauver alors qu'il tombe d'un immeuble.



 On ne sait pas trop ce qu'elles font là,  mais à ce moment  Internet est envahi par le virus Ralph. S'il a affecté leur site,  elles doivent chercher comment y remédier.  Les princesses rassemblent  donc tous leur talents et pouvoirs  pour mener à bien cette tâche façon Avengers . C'est juste génial (même si on peut se demander pourquoi Naveen a  de nouveau la forme d'une grenouille).



En VO,  leurs voix sont celles d'origine autant que possible,  c'est-à-dire celles qui sont encore vivantes. Ce qui n'est pas le cas en français malheureusement. Et puis Mérida qui passe de  "Elle vient de l'autre studio" à "Elle ne maîtrise pas ses émotions", c'est évidemment moins drôle.


 Enfin dans le merchandising, on a   beaucoup vu le petit lapin et le petit chat du premier trailer.  En fait,  dans le film,  on les voit juste sous forme d'un jouet  dont Ralph s'apprête à ouvrir la boîte dans une vidéo virale.  Et ce n'est pas plus mal parce que je n'aimais pas trop cette blague de faire exploser ce pauvre petit lapin. Dans le générique,  une petite fille (celle du trailer) s'étonne qu'une scène de la bande-annonce manque.  C'est justement pour se moquer de cette pratique.  Cela dit on revoit la scène dans la foulée, dans le générique.



 Qu'est-ce qu'on peut en retenir?  Du point de vue des personnages principaux du film,  pas grand-chose.  Ils ont régressé,  se sont retrouvés avec moins qu'avant dans certains cas,  ou  sont allés à contre-pied de la morale de leur premier film.  C'est dommage et musicalement parlant, bof. Je n'aime pas trop Zéro d'Imagine dragon,  alors que j'aimais beaucoup When can we do this again,  du premier film.



Et même une chanson  de fan I want to be the hero que j'aurais bien voulu voir utiliser.



Mais concernant les princesses, c'est ticket gagnant.  Il existe déjà une fan  vidéo live sur cette fameuse scène.



Les fanarts avaient déjà prédit leur rencontre...


Tandis que la promotion a rendu canon l'un des plus connus.


A mon avis ce n'est pas fini,   vous risquez de croiser vraiment beaucoup de princesses en mode moderne et "comfy"  dans les parcs Disney dans les mois à venir.



Voire peut-être les années à venir, des courts-métrages à ce sujet.  Ce film a été moins utile à la franchise "Ralph", finalement, qu'à celle des Disney Princesses.